Le réseau Île-de-France échange sur les liens entre santé mentale et sécurité


accompagnement

La réunion des coordonnateurs et directeurs prévention-sécurité d’Ile-de-France s’est déroulée le 16 janvier 2020, dans le cadre du réseau régional animé par le FFSU. Accueillie au siège de l’association et ouverte aux membres et aux non membres du forum, la réunion a porté sur le thème « Santé mentale et sécurité ».

Les villes de Aubervilliers, Clichy-Sous-Bois, Champigny-sur-Marne, Paris et du Pré-Saint-Gervais étaient représentées ainsi que le Conseil départemental de l’Essonne.
Les précédentes réunions du réseau avaient permis d’aborder les thématiques des phénomènes des rixes entre jeunes et des violences faites aux femmes.

Santé mentale et sécurité : une préoccupation forte des acteurs locaux, des liens à construire

L’enjeu de la santé, et plus particulièrement de la santé mentale est au cœur du bien-être des citoyens, et son absence peut entraîner des troubles non seulement pour l’individu, mais pour tout son environnement. Dans certains cas, les problèmes de santé mentale non pris en charge peuvent causer des prises de risque en termes de sécurité individuelle et collective. Les élus comme les professionnels de terrain sont régulièrement face à des situations très complexes –allant du mal-être notamment chez les jeunes pouvant mener à la violence à des situations critiques requérant des hospitalisations d’office. Les troubles à l’ordre public liés aux maladies mentales sont de plus en plus souvent constatés.

De l’avis commun des participants à la réunion, la problématique des liens entre santé mentale et sécurité constitue un angle mort de la sécurité urbaine ; il s’agit d’une question généralement insuffisamment traitée par les collectivités, aussi bien au niveau politique qu’au niveau technique. En effet, lorsqu’elles existent, les stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance (STSPD) ne prennent pas toujours en compte la question de la santé mentale et, les contrats locaux de santé n’intègrent que très peu les enjeux de sécurité.

En outre, si les troubles à l’ordre public liés aux maladies mentales sont de plus en plus souvent constatés dans les territoires, les difficultés rencontrées dans le cadre de leur prévention et de leur prise en charge se manifestent avec plus ou moins d’acuité selon les collectivités : méconnaissance du phénomène, déficit de formation, implication variable et manque de coordination entre acteurs, manque de ressources et de moyens matériels et financiers, difficulté de prise en charge des mineurs atteints de troubles sont autant de freins rencontrés par les professionnels locaux.

Intégrer le thème de la santé mentale dans les stratégies de sécurité et prévention

Les participants ont pu échanger sur les préconisations du livre blanc pour la sécurité des territoires du FFSU et apporter des contributions complémentaires.
Soucieux d’éviter la stigmatisation des personnes concernées par les problématiques de santé mentale, les acteurs locaux appellent à un renforcement des coopérations entre les acteurs de la sécurité et de la santé, afin de développer des stratégies de prévention et de protection, pour les individus et leur environnement. Cela pourrait passer notamment par :

> la prise en compte systématique de la santé mentale dans les stratégies territoriales de sécurité et prévention de la délinquance et, réciproquement, la prise en compte des enjeux de sécurité dans les contrats locaux de santé. La ville de Champigny-sur-Marne a indiqué l’existence d’une coopération étroite entre CLSPD et CLS sur son territoire.

> l’intégration de la santé mentale dans la stratégie nationale de prévention de la délinquance et la possibilité de financer des actions portant sur la santé et la sécurité par le fonds interministériel de prévention de la délinquance et les agences régionales de santé

> le renforcement de l’interconnaissance et de la coopération entre les acteurs de la santé et de la sécurité à travers des formations communes, l’élaboration de protocoles d’intervention partagés. La ville de Clichy-sous-Bois a par exemple formé des bailleurs de son territoire au repérage et à la qualification des troubles de santé mentale.

> le renforcement de structures identifiées comme particulièrement pertinentes tels que les maisons des adolescents et les centres médico-psycho-pédagogiques en les dotant des moyens nécessaires.

>>> La prochaine réunion du réseau se tiendra au siège du FFSU et portera sur le thème du partenariat des acteurs de la sécurité avec les bailleurs. La date vous sera communiquée ultérieurement.