Violences discriminatoires – Journée d’échanges à la Communauté urbaine de Dunkerque

« Les discriminations nous concernent tous », M. Beyeart (CUD)

Les violences discriminatoires sont une réalité pour de nombreux citoyens. À titre d’exemple, 15% des Français se sont sentis discriminés en raison de leur origine ethnique au cours des 12 derniers mois. Par leur proximité avec les citoyens, les collectivités peuvent agir et créer un climat où la discrimination, les discours de haine et la violence n’ont pas leur place. Pour les y aider, le Forum français pour la sécurité urbaine propose une journée de sensibilisation et formation dédiée aux violences discriminatoires. La première s’est tenue à la Communauté Urbaine de Dunkerque (CUD) le 30 novembre 2017, dans le cadre du projet européen « Just and Safer Cities for All« . 50 collaborateurs de la CUD ont ainsi été sensibilisés à la thématique et leur rôle en tant qu’agent et citoyen.

 

« Prévenir les violences discriminatoires, c’est agir pour la cohésion sociale et la sécurité urbaine », E. Johnston (FFSU)

« Un acte de violence discriminatoire est un incident violent que la victime, un témoin ou toute autre personne perçoit comme étant incité par un préjugé ou un parti-pris, l’intolérance ou la haine, qu’il constitue ou non un délit ou un crime d’après le code pénal.» Voici la définition de l’Efus et du FFSU des violences discriminatoires présentée lors de la formation. Contrairement à une approche uniquement juridique, elle regroupe tout le spectre des actes discriminatoires : racisme, de la xénophobie, du sexisme, de la LGBT-phobie, de la violence envers les handicapés et les sans-abri, les musulmans, les juifs, les Roms et les autres groupes victimes de la haine et de l’intolérance.

Des phénomènes auxquels toutes les collectivités sont confrontées. « Directes ou plus insidieuses, les discriminations nous concernent tous et elles peuvent amener sur le chemin de l’exclusion » souligne ainsi Martial Beyeart, Conseiller communautaire Sécurité – Prévention (CUD). Elles instillent la peur et l’hostilité bien au-delà du contexte local et contribuent à alimenter des processus de polarisation et de radicalisation qui peuvent aboutir à un extrémisme violent. Elles encouragent également les tensions existantes entre les différentes communautés, intensifiant ainsi le risque de conflits violents entre groupes sociaux.

 

« La prévention est une arme pacifique pour montrer que les discriminations sont désuètes. », M. Beyeart (CUD)

La lutte contre les violences discriminatoires ne peut réussir sans prévention, ni proximité. Les préjugés, l’intolérance et la haine se forment souvent au niveau local en réponse à des perceptions et des problèmes spécifiques à la ville, la collectivité ou la région. En ouvrant des espaces de dialogue avec les victimes, les collectivités peuvent aussi gagner leur confiance. Une confiance, capitale pour agir contre les causes du sous-signalement des violences discriminatoires. « Il faut améliorer la collecte des données statistiques sur les violences discriminatoires pour mieux les combattre », insiste Géraldine Guille,  Awareness Raising Support Officer (Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, FRA). Une meilleure connaissance du phénomène permettrait de mieux connaître ses dynamiques et d’améliorer la conduite des politiques publiques.

 

« La formation des élus et des agents est un élément moteur de la lutte contre les violences discriminatoires », G. Guille (FRA)

Le maire, les élus mais aussi les agents des collectivités et de l’Etat sont des acteurs clés pour prévenir les violences discriminatoires. Porteurs de l’intérêt général, ils doivent s’engager contre les discours de haine et accompagner les victimes. Pour réussir, il est essentiel qu’ils soient formés au cadre juridique mais aussi à la prise en charge des victimes et à la façon dont l’ensemble de la population doit être sensibilisée. « Il n’y a pas que le racisme. Il faut sensibiliser à l’ensemble des discriminations contre les femmes, les seniors ou encore les personnes LGTB » conclut Lara Kotlar,  responsable du service points locaux francophones (UNIA).

La journée s’est poursuivie avec des ateliers interactifs sur les cinq thématiques du projet JUST : Connaissance et sensibilisation, Autonomisation des publics vulnérables, Prévention ciblée, Aide aux victimes. Lors de la restitution, les participants ont discuté des recommandations du projet JUST avant de les mettre en perspective avec leur expérience et leur situation au sein de la CUD. La prochaine journée de sensibilisation et de formation est prévue le 12 décembre à Nantes Métropole.

 

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