Le réseau Île-de-France échange sur le partenariat entre les collectivités territoriales et les bailleurs en matière de sécurité


groupe de travail

Les coordonnateurs et directeurs prévention-sécurité d’Île-de-France se sont réunis le 18 mai 2020 dans le cadre du réseau régional animé par le Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU). Organisée en ligne et ouverte aux membres et aux non membres, la réunion a porté sur le thème du partenariat entre les collectivités territoriales et les bailleurs en matière de sécurité.

27 participants parmi lesquels plusieurs bailleurs ont pris part à cette rencontre : L’Union sociale pour l’Habitat d’Île-de-France (AORIF), Clamart habitat, CLESENCE, IDF Habitat, Espacil habitat, Sem pays de Meaux habitat, association COALLIA Aubervilliers, Paris Habitat.

Les villes d’Aubervilliers, Bobigny, Champigny-sur-Marne, Gennevilliers, Guyancourt, Meaux, Montreuil, Paris, Pierrefitte-sur-Seine et Villiers-le-Bel étaient représentées.

Les précédentes réunions du réseau avaient permis d’aborder les thématiques des phénomènes des rixes entre jeunes, des violences faites aux femmes et des liens entre santé mentale et sécurité.

Des dispositifs variés permettant de répondre aux problématiques prioritaires communes

De l’avis des participants, les villes et les bailleurs partagent de nombreux enjeux de sécurité et de tranquillité : le trafic de stupéfiants, les violences intrafamiliales, les conflits de voisinage, les regroupements et occupations abusives des parties communes, des parkings et des pieds d’immeubles, les dégradations et vols, les voitures épaves, la mécanique sauvage, le stationnement anarchique, la prostitution, les rodéos, les dépôts sauvages de détritus…

Aussi, les chantiers communs portent notamment sur les stratégies de gestion urbaine de proximité, de renouvellement urbain, d’aménagement des espaces, de relations avec les habitants (politiques de peuplement, information, médiation, actions de cohésion sociale…), de sécurisation des bâtiments et des personnels, de partenariat avec les acteurs de la sécurité (notamment police-justice). Les participants ont souligné l’importance de partager le diagnostic local afin d’adapter au mieux les actions aux problématiques spécifiques de chaque territoire et de s’accorder sur le type d’actions à mener et les ressources à mobiliser. A ce sujet, l’AORIF a développé une classification des sites en quatre niveaux permettant de mesurer l’ampleur des difficultés rencontrées.

Pour faire face aux problématiques identifiées, des bailleurs et collectivités territoriales d’Île-de-France ont développé des réponses telles que la signature de conventions entre bailleurs-police-justice-collectivités locales portant sur la protection du personnel de proximité, l’échange d’informations et parfois des actions de prévention (AORIF), la mise en place de groupes de travail dédiés aux bailleurs dans le cadre des CLSPD (Montreuil) ou d’actions ciblées dans le cadre des ZSP avec notamment le développement de dispositifs de médiation inter-bailleurs (Champigny-sur-Marne), l’élaboration de fiches de signalement (Meaux) et de procédures graduelles de sanctions permettant d’intervenir auprès des locataires (Montreuil).

Des obstacles à surmonter pour renforcer les collaborations entre bailleurs et collectivités territoriales

Si les villes et les bailleurs mettent en place des actions partenariales pour résoudre les problématiques de sécurité communes auxquelles ils sont confrontés, des défis restent encore à relever.

La contribution des bailleurs à la sécurité reste assez récente et n’est pas développée de la même façon chez tous les bailleurs. La culture du partenariat sur ces enjeux est encore à développer. Les collectivités territoriales peinent parfois à trouver les bons interlocuteurs, tout comme les bailleurs soulignent la multiplicité des acteurs municipaux à connaître. La séparation existant souvent chez les bailleurs entre le référent sûreté et le référent développement social urbain reste une limite dans la mesure où une approche globale des enjeux de sécurité nécessite ces deux volets de l’action.

Les bailleurs indiquent également rencontrer des difficultés pour s’y retrouver face à la diversité des approches locales. Intervenant souvent sur de nombreux territoires, ils constatent des approches très différentes que ce soit sur les polices municipales, la vidéoprotection, la médiation ou encore le partenariat avec la police par exemple. Cette diversité d’approche nécessite des adaptations qui peuvent être assez lourdes à porter, surtout pour les bailleurs moins dotés sur les questions de sécurité. De leur côté, les collectivités locales soulignent qu’elles ont parfois de très nombreux bailleurs sur leur territoire qui n’ont pas non plus les mêmes moyens et approches et qui participent très inégalement aux instances animées dans le cadre des CLSPD.

Concernant le partage du diagnostic, des procédures communes restent à créer ou renforcer. Il conviendrait de s’accorder sur les indicateurs et les outils de partage, sachant que les bailleurs mentionnent un besoin de formation sur l’enjeu du diagnostic et demandent que du temps soit libéré pour le recensement des données. L’animation d’observatoire de la sécurité pilotés par les villes auxquels les bailleurs peuvent contribuer reste une perspective de collaboration à renforcer.

Adaptation des acteurs et impact du confinement sur les problématiques

Pendant la période de confinement, les participants ont constaté un repli des activités de délinquance et de troubles à la tranquillité dans les bâtiments. Des pratiques telles que les squats sur les toitures terrasses, dans les parkings sous-terrain, dans les box, les logements et les locaux commerciaux se sont multipliées. Ils ont également relevé une augmentation des jets de déchets (masques, gants) et des cas de non-respect des mesures de confinement.
Par ailleurs, le confinement a exacerbé les problèmes de voisinages et ont fait croître les violences intrafamiliales, les tensions et les affrontements avec les forces de l’ordre.
Des bailleurs ont pris des mesures pour y remédier. L’AORIF a rédigé une note de recommandations à destination des bailleurs visant à harmoniser les signalements, réaliser une campagne de communication sur les violences intrafamiliales (affiches dans les halls d’immeubles), et effectuer des veilles sur les toits terrasses.
Dans la même dynamique, Clamart Habitat a procédé au rappel des règles de confinement à ses locataires. En outre et grâce aux signalements effectués par les gardiens et par les aides à domicile, l’Office a maintenu un contact avec les personnes âgées et isolées afin de leur venir en aide.

Renforcer le partenariat et poursuivre les actions engagées

Les participants ont convenu de poursuivre la discussion engagée et les échanges de bonnes pratiques autour de la thématique du partenariat entre bailleurs et collectivités territoriales en matière de sécurité. Les échanges pourront se poursuivre dans le cadre de réunions partenariales afin d’approfondir l’analyse des problématiques communes et de partager les actions exemplaires. Le développement de formations sur des thématiques d’intérêt commun a également été évoqué. Par ailleurs, le FFSU intégrera les recommandations issues de ces échanges dans son Livre blanc pour la sécurité des territoires.

>>> La date et le thème de la prochaine réunion du réseau seront communiqués ultérieurement.
>>> En savoir plus sur les réseaux régionaux des directeurs et coordonnateurs prévention-sécurité

>>> Consultez le Livre blanc pour la sécurité des territoires élaboré par le FFSU