Le réseau Hauts-de-France échange sur l’impact de la consommation et du trafic de drogues sur les territoires


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Les coordonnateurs et directeurs prévention-sécurité des Hauts-de-France se sont réunis le 4 décembre 2019 pour la quatrième fois dans le cadre du réseau régional animé par le FFSU. Ouverte aux membres et non membres du FFSU, la réunion accueillie par la ville de Lille a réuni 16 professionnels sur le thème de la consommation et des trafics de drogues.

Les villes de Fourmies, d’Hazebrouck, de Lille, de Ronchin, de Saint-Quentin, de Tourcoing, de Valenciennes et de Wattrelos, étaient représentées ainsi que les CA Creil Sud Oise, Béthune, Baie de Somme, Douaisis, Pays de Saint-Omer, et le CISPD Anzin-Beuvrages-Petite-Forêt-Raismes.

Les précédentes réunions du réseau avaient permis d’aborder les thématiques des outils de mesure de la délinquance et du métier de coordonateur prévention-sécurité.

Oser réinterroger la politique de prévention et de lutte contre les drogues : une recommandation du FFSU discutée avec les acteurs locaux

Depuis de nombreuses années, les membres du FFSU se mobilisent sur la question des drogues en alliant santé publique et sécurité publique. Ils constatent que les législations en vigueur ne permettent pas de limiter la consommation et d’assurer la sécurité des citoyens. Les élus du FFSU ont alors appelé dans le livre blanc pour la sécurité des territoires a une réflexion en profondeur afin de limiter l’essor de nouvelles substances illicites et des consommations, de réduire les risques en matière de santé et de sécurité et de promouvoir la culture de la légalité dans nos villes. La réunion a permis de discuter des recommandations de ce livre blanc avec les collectivités locales représentées et leur déclinaison dans les villes.

La visibilité des trafics, l’impact sur le développement des quartiers et le protoxyde d’azote au cœur des préoccupations

Dans les Hauts-de-France, le protoxyde d’azote suscite des préoccupations importantes pour les collectivités locales. Gaz dédié à un usage domestique, il est détourné pour des effets psycho-actifs. Les collectivités ont développé des réponses pour répondre à ce phénomène, notamment en partenariat avec l’Agence régionale de santé (ARS) :

  • des villes (Saint-Quentin, Tourcoing, Valenciennes,…) ont pris des arrêtés municipaux : ils permettent de limiter les ventes des épiceries de quartier (sous réserve de contrôles) et de mettre au jour la problématique pour les parents/adultes dans les supermarchés ;
  • des villes (Tourcoing, Villeneuve d’Asq,…) ont édité des brochures de sensibilisation : l’ARS déconseille une diffusion grand public et prône une diffusion aux professionnels ainsi qu’à des individus ayant déjà consommés et à leur entourage ;
  • Sous l’impulsion des acteurs locaux des Hauts-de-France, une proposition de loi pour réglementer l’usage récréatif du protoxyde d’azote est en cours d’examen au Parlement – en savoir plus.

Par ailleurs, comme dans les autres régions françaises, les acteurs locaux constatent que les réponses apportées à la problématique de la consommation et du trafic de stupéfiants n’ont pas permis jusqu’à présent d’endiguer le phénomène, entraînant un sentiment d’abandon de la population ainsi qu’une décrédibilisation de l’action publique. Des villes se lancent alors dans des expérimentations telles que la Ville de Lille qui a récemment mis en place une action afin de renforcer les capacités des acteurs locaux d’un quartier particulièrement touché par le trafic :

  • Une première formation généraliste a permis aux professionnels de s’acculturer aux enjeux et de disposer d’un langage commun ;
  • Sur cette base, les professionnels se sont réunis et ont adapté leurs savoirs aux spécificités locales via des apports des bailleurs, de la justice et de la Police nationale.
  • Les professionnels développent maintenant des actions concertées mieux coordonnées et plus efficaces telles qu’un jeu de société pédagogique à destination des jeunes et des familles.

>>> En savoir plus sur les réseaux régionaux des directeurs et coordonnateurs prévention-sécurité
>>> Lire les recommandations “Oser réinterroger la politique de prévention et de lutte contre les drogues” dans le livre blanc pour la sécurité des territoires