Se mobiliser à la hauteur des violences faites aux femmes

Extrait de l’infographie « Violence à l’égard des femmes ». Source : ONU Femmes

Le 25 novembre aura lieu la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Le FFSU a conscience de l’importance de cette problématique et du rôle que peuvent jouer les collectivités locales aux côtés de l’Etat et des associations. Il en a fait une priorité de ses travaux et y dédie un chapitre de son Livre blanc pour la sécurité des territoires. Découvrez les préconisations et recommandations pour la prévention locale des violences faites aux femmes. 

Le 5ème plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019) prévoit de nombreuses mesures que le FFSU soutient. Une évaluation de la mise en œuvre de ce plan, associant les collectivités locales, serait d’ailleurs essentielle.
Malgré les mesures intéressantes de ce plan, les violences faites aux femmes occupent encore une place majeure au sein des problématiques de délinquance. Aujourd’hui reconnue grande cause nationale, la lutte contre les violences faites aux femmes reste pourtant sous-dotée en moyens au regard de l’ampleur de la problématique. De plus, le FFSU constate que la prise de conscience est inégale dans les territoires ainsi que parmi les différents corps professionnels. Il appelle à un renforcement de la mobilisation.

Les recommandations du Livre blanc pour la sécurité des territoires : 

  • S’assurer que les financements de l’État dédiés aux violences faites aux femmes soient à la hauteur de l’enjeu. Une règle de proportionnalité des financements pourrait être envisagée (critères à discuter).
  • Rendre obligatoire la réalisation d’un budget genré pour la programmation annuelle de prévention de la délinquance (obligation pour la Préfecture et les collectivités locales)
  • Intégrer systématiquement la prévention des violences faites aux femmes aux stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance.
  • Rendre l’ensemble des volets d’une stratégie sur les violences faites aux femmes éligibles au FIPD, y compris les actions pour l’égalité femmes-hommes et la prévention primaire
  • Rendre obligatoire la formation sur les violences faites aux femmes de tous les professionnels en contact avec le public afin d’améliorer le repérage et l’orientation vers les services compétents. En particulier, systématiser la formation des forces de sécurité de l’État pour améliorer l’accueil en commissariat et la prise de plainte, ainsi que les policiers municipaux pour leur pouvoir de verbalisation de l’outrage sexiste sur l’espace public
  • Soutenir le déploiement et sanctuariser le financement des intervenants sociaux (ISCG), psychologues et permanences d’associations dans les commissariats pour l’accueil et l’accompagnement des victimes
  • Donner les moyens aux délégués départementaux aux droits des femmes de coordonner les ressources et de décliner le plan national. Leur donner une place plus reconnue au sein des préfectures et augmenter leurs moyens financiers, en particulier pour proposer des formations aux agents et élus locaux
  • Encourager les collectivités locales à ouvrir des postes de chargés de mission violences faites aux femmes (soutien FIPD) ainsi qu’à désigner un élu chargé de cette problématique.
  • Diversifier et renforcer les solutions de relogement qui reste une des principales difficultés rencontrées par les femmes victimes de violences :
    > Privilégier les dispositifs d’éviction du conjoint violent afin de permettre à la victime de rester au domicile si elle le souhaite ;
    > Encourager l’ensemble des acteurs, et notamment les collectivités et bailleurs sociaux, à réserver des logements pour les auteurs ou les victimes afin de favoriser l’accès à un logement pérenne, suite aux procédures d’urgence ;
    > Favoriser le développement de dispositifs permettant de mutualiser des logements à l’échelle intercommunale ou départementale, afin que les femmes puissent s’éloigner de la ville de résidence de leur conjoint si elles le souhaitent.