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En quoi s’investir pour l’amélioration des relations forces de sécurité
– population est-il prioritaire pour vous aujourd’hui ?
Au-delà
de la résonance de l’actualité nationale sur le territoire communal, la
question des relations police-population au niveau local revenait
régulièrement dans de nombreux groupes de travail (réseau violences
faites aux femmes, groupe de prévention de l’entrée dans la délinquance
des mineurs, groupe de prévention de l’entrée dans les trafics, cellules
de veille…).
Ce
sujet pouvait également crisper les échanges entre professionnels
reprenant les mêmes critiques que les publics suivis. Pour tenter de
comprendre cette méfiance généralisée vis-à-vis de la police et de
trouver des solutions pour restaurer des liens plus apaisés, il était
donc nécessaire d’entendre cette demande et de consacrer une réflexion
et des moyens exclusivement sur cette thématique.
> Quels conseils donneriez-vous pour mettre en œuvre une action similaire à la vôtre ?
Au
préalable à la mise en œuvre de toute action à destination des
habitants, il semble important de travailler exclusivement avec les
professionnels et les forces de l’ordre pour analyser leur posture sur
le sujet et ce, afin d’éventuellement déconstruire des préjugés
réciproques et restaurer une confiance mutuelle.
Par
ailleurs, nous suggérons de positionner sur un pied d’égalité les
forces de l’ordre et les autres participants (professionnels et/ou
habitants) notamment par l’intervention d’un support et d’un tiers «
médiateur ». Le choix d’un intervenant non clivant est primordial.
L’idée est d’instaurer un cadre de discussion bienveillant pour que
chacun puisse s’exprimer sans aucune censure notamment sur le sujet
sensible des violences policières.
Des
échanges fréquents bilatéraux entre la direction de la tranquillité
publique et le commissaire sont essentiels pour informer de l’avancée du
projet, recueillir les sujets qu’il souhaite évoquer lors des échanges
et s’assurer de la participation effective des fonctionnaires de
terrain. Dans l’idéal, une participation du chef de projet à des
réunions d’équipe pourrait permettre de vérifier la bonne compréhension
du projet, de rassurer et de susciter la mobilisation des policiers. Les
relations partenariales déjà bien établies entre la direction de la
tranquillité publique et les différents services du commissariat,
notamment par leur implication dans les différents groupes de travail, a
facilité les démarches pour les associer à cette action innovante.
> En quoi postuler au PPD était-il important pour vous et que vous apporte le fait d’être lauréat ?
Il
est souvent difficile d’évaluer les actions de prévention menées,
candidater au prix prévention de la délinquance nous permet d’avoir un
retour critique d’experts sur notre action et d’être particulièrement
attentif aux autres projets menés en France.
Nous
sommes très heureux que notre travail soit reconnu et récompensé ! Être
lauréat nous encourage à poursuivre la démarche engagée.
> Quelles sont les perspectives de développement de votre action ?
Nous
souhaiterions reprendre sur un quartier ciblé les sessions de
discussion autour des relations police-population avec Jacques de
Maillard, Directeur du CESDIP, et les séances de théâtre forum pour
poursuivre le travail sur les postures et aller plus loin dans les
pistes concrètes d’amélioration. Cela permettra également de réunir les
acteurs locaux qui n’auraient pas eu la possibilité de participer aux
différents temps organisés en 2019.
Nous envisageons également de travailler sur un partenariat avec l’Education nationale pour reprendre l’enquête policière.
Enfin,
nous réfléchissons aussi à d’autres supports inspirés de films ou
séries pouvant susciter l’envie de discuter sur ces sujets en toute
sérénité !
>>> En savoir plus sur le Prix Prévention de la Délinquance
