Le FFSU a lancé en mai 2018 un groupe de travail sur les mineurs non accompagnés victimes et/ou auteurs d’actes de délinquance. La première réunion a été l’occasion d’un état des lieux dans les collectivités locales. Pour cette seconde réunion, le FFSU a associé des partenaires concernés au regard des problématiques rencontrées par ces jeunes. Les participants ont pu échanger sur la façon dont cette problématique impacte leurs pratiques, les connaissances acquises, les expérimentations en cours et les axes de travail à développer ensemble.
> Réduction des risques, accueil de bas seuil, liens avec les pays d’origine, … de nombreuses pistes de travail à explorer
Parmi les problématiques identifiées lors de la première réunion et à travers les études d’organismes spécialisés tels que l’association Trajectoires, on retrouvait notamment : la poly-toxicomanie, l’errance, la défiance envers les dispositifs, les difficultés de communication en français, la violence.
Fort de ces constats, le FFSU a convié des partenaires intervenant sur ces problématiques. La Fédération addiction et l’association Charonne, le Comité national de liaison des acteurs de la prévention spécialisée (CNLAPS) et l’association Olga Spitzer, le Centre d’action sociale protestant (en charge du centre d’accueil de la Goutte d’Or), l’Association française des magistrats de la jeunesse et de la famille (AFMJF) et l’association Trajectoires ont été représentées lors de la seconde réunion.
Les participants ont pu échanger sur leurs constats, analyser la façon dont la problématique impactait leurs pratiques et dégager des axes de travail. Une recommandation transversale est ressortie : la nécessité d’expérimenter tout en s’inspirant d’initiatives menées auprès de publics pouvant rencontrer des problématiques similaires tels que les enfants des rues. Les principales pistes à explorer sont :
- l’accueil de bas seuil et le travail de rue pour aller à la rencontre d’un public très éloigné des dispositifs et pouvoir apporter une aide de première nécessité ;
- la réduction des risques car ce public ne semble pas être dans une démarche de soins et semble utiliser les drogues notamment pour faciliter les passages à l’acte délinquant ;
- la formation des professionnels en contact avec ce public sur les addictions car cette problématique influe fortement sur les accompagnements et nécessite de comprendre et d’apprendre à réagir ;
- l’instauration d’un dialogue avec les pays et villes d’origine. Bien que la situation soit très différente en fonction des pays et que, pour la plupart de ces jeunes, il est illusoire d’imaginer un retour, cette prise de contact peut être utile a minima pour l’identification et la connaissance de l’histoire du jeune ;
- l’échange d’informations entre collectivités locales françaises, voire européennes, car ces jeunes sont très mobiles et passent régulièrement d’une ville à l’autre sans que les suivis ne soient coordonnés ;
- la mise en place d’expérimentations reposant sur des partenariats pluri-disciplinaires pour disposer d’un panel de connaissances et d’outils pouvant apporter des réponses aux problématiques variées et complexes de ces jeunes.
La prochaine réunion du groupe permettra notamment de bénéficier d’un retour d’expérience des expérimentations en cours (Brest, Paris, …), de réfléchir à la création d’un observatoire entre collectivités locales et de préfigurer des programmes de formation pour les professionnels en contact avec ce public.
> Un phénomène qui inquiète les collectivités locales et met à mal les dispositifs habituels
Plusieurs collectivités locales membres du FFSU sont touchées par des problématiques de délinquance impliquant des mineurs non accompagnés. Ces derniers représentent une infime minorité de l’ensemble des mineurs non accompagnés présents sur le territoire français. Comme les autres, s’ils sont mineurs, ils relèvent de la protection de l’enfance. Cependant, les lourdes problématiques qu’ils rencontrent les éloignent des dispositifs et institutions et les met en risque d’être victimes et/ou auteurs de délinquance.
Alerté par l’évolution de cette problématique qui, en raison de la spécificité des profils de ces jeunes, met à mal les dispositifs de prévention de la délinquance et de protection existants, le FFSU a créé en mai 2018 un groupe de travail. Les collectivités locales participantes sont : Bordeaux, Brest, Lille, Malakoff, Paris, Rennes. Suite à un échange sur l’état des lieux de la problématique dans ces villes, les objectifs suivants ont été définis pour le groupe :
- Caractériser le phénomène, en prenant en compte les spécificités locales ;
- Échanger entre villes françaises et européennes sur les réponses apportées (et partenaires pertinents) ;
- Formuler les besoins des collectivités locales et mutualiser les prises de position ainsi que les demandes auprès des autres acteurs (Département, Etat, chercheurs, associations spécialisées dans les addictions, …) ;
- Donner des clés de compréhension du phénomène aux élus afin qu’ils puissent déterminer et afficher leur position face à cette problématique complexe.
Le FFSU a alors associé à la seconde réunion des organisations pouvant contribuer à la réflexion en raison de leurs compétences sur des problématiques identifiées dans les parcours de ces mineurs.
