Le groupe s’est réuni à l’occasion d’une table ronde sollicitée par la mission d’évaluation inter-inspections générales (administration, affaires sociales, justice) pour l’évaluation et la prise en charge des mineurs non accompagnés. La réunion a été l’occasion d’exposer la perspective des villes exposées aux difficultés liées aux mineurs non accompagnés victimes et/ou auteurs d’actes de délinquance.
Partage de connaissances et réponses locales
Après avoir rencontré de multiples acteurs institutionnels et associatifs, la mission inter-inspections générales a pris contact avec le FFSU afin de bénéficier de données issues de villes. Coordonnée par le FFSU, cette table a été l’occasion pour les villes participantes (Bordeaux, Brest métropole, La Courneuve, Lille, Lyon, Rennes) de partager leurs diagnostics locaux : forte mobilité des jeunes, stabilité sociale inexistante, absence d’identification, situations sanitaires dégradées ou encore proportions élevées de jeunes à être happés par des réseaux de délinquance. Surtout, le phénomène semble très cyclique et prend des formes différentes dans chaque territoire.
Les réactions publiques n’en sont que plus complexes. Les jeunes s’avèrent très éloignés des dispositifs de prise en charge. La réponse essentiellement répressive (police et justice) est inefficace ; les liens avec les Départements sont trop aléatoires ; les dispositifs existants ne fonctionnent pas avec ce public spécifique pour lequel un accueil à bas seuil est nécessaire ; peu d’approches globales entre prévention, sanitaire, sociale et répressive sont relevées à l’exception de quelques expérimentations.
Des préconisations bientôt publiées dans le Livre blanc pour la sécurité des territoires.
Lancé en octobre 2018, le groupe de travail dédié aux mineurs non accompagnés victimes et/ou auteurs d’actes de délinquances permet d’actualiser continuellement la caractérisation du phénomène, de donner des clés de compréhension aux villes mais également d’échanger sur les expérimentations et de mutualiser les besoins pour les communiquer aux institutions concernées.
Les travaux du groupe seront synthétisés et aboutiront à la diffusion de plusieurs recommandations intégrées dans la version actualisée du Livre blanc pour la sécurité des territoires au premier semestre 2021, afin de promouvoir des expérimentations locales et d’améliorer la prise en compte de ce public.
