La formation « Espace numérique, réseaux sociaux, discours alternatifs : construire une stratégie de prévention » s’est tenue le 18 novembre 2020

La
formation, qui a réuni une trentaine de participants, venant de France
et de Belgique, aux profils divers et variés parmi lesquels: des
responsables et coordonnateurs prévention-sécurité, un responsable de
service communication, un conseiller Délégué Médiation, Prévention et
Civisme, un chargé de projets, un assistant social, une coordinatrice
Accès au Droit-citoyenneté, un chargé de mission « Aide aux victimes »
et une coordinatrice Atelier Santé Ville, s’est tenue en ligne, le 18
novembre dernier.

Une formation pour répondre aux problématiques rencontrées par les acteurs locaux

Animée par l’équipe du FFSU, elle a permis aux participants de
bénéficier de l’éclairage de plusieurs experts des questions du
numérique et de la prévention. Vanessa Lalo, psychologue clinicienne
spécialiste des pratiques numériques, a d’abord introduit la question
des usages du numérique et leurs impacts chez les adolescents, les
parents et les professionnels. Katia Lemaire, Directrice de la Maison
des ados de la Manche et Thierry Champailler, Directeur au sein de
l’Association Espoir-CFDJ, ont ensuite présenté les enjeux rencontrés
par les professionnels de la prévention face au numérique. Finalement,
les partenaires des projets européens Local voices et Loud
ont présenté leurs méthodologies pour construire et diffuser des
discours alternatifs à la violence, à l’extrémisme et à l’intolérance.

Inquiétudes et opportunités autour de l’utilisation du numérique

La formation a permis d’établir plusieurs constats partagés par les
participants et les intervenants. L’engouement pour le numérique, et
l’utilisation massive de ses outils, tels qu’Internet, les réseaux
sociaux, les smartphones et tablettes, ou encore les jeux vidéo, suscite
de nombreux questionnements chez les parents comme chez les professionnels de la jeunesse.

Certains professionnels déplorent des déscolarisations en lien avec des harcèlements numériques ou l’emprise de jeux vidéo. D’autres risques sont aussi modifiés, voire favorisés, par l’essor du digital et des réseaux sociaux : trafic de drogue, escroqueries, discriminations, pratiques prostitutionnelles, rixes, polarisation…

Si les risques et les conséquences liées à la mauvaise utilisation du
numérique doivent être pris au sérieux, il ne faut cependant pas
oublier que le numérique offre également de belles opportunités en
matière de sociabilité, d’éducation, d’apprentissage, de communication
et de prévention, entre autres
.

Des pistes de travail pour les collectivités territoriales

En
s’appuyant sur ces constats, la formation a permis de dégager plusieurs
pistes de travail pour les collectivités territoriales, tant sur les
politiques de prévention face aux risques liés aux mésusages du
numérique que sur son utilisation dans l’élaboration de politiques
locales de sécurité :

  • Considérer
    internet comme un espace d’échanges et de créativité qui facilite la
    communication numérique, l’accès à la connaissance, à
    l’interconnaissance et à l’ouverture à d’autres cultures.
  • Décliner
    les politiques de prévention dans l’espace numérique, prolongement de
    la vie quotidienne. Les collectivités territoriales doivent se former à
    la mutation digitale des enjeux de sécurité et développer de nouveaux
    outils de prévention, pour toucher leurs publics, ou mieux les
    atteindre.
  • Accompagner les jeunes à réfléchir sur leurs pratiques, les accompagner sans les stigmatiser.
  • Multiplier
    les actions de prévention à destination des professionnels et des
    parents qui sont eux-mêmes de grands consommateurs d’écran et ont un
    rôle dans l’encadrement des pratiques des jeunes
  • Former et accompagner les professionnels aux enjeux du numérique et aux nouvelles habitudes de consommation de l’information.
  • Travailler avec les pairs pour adapter le contenu et le format des actions et discours diffusés.

Des exemples de pratiques mises en place au niveau territorial

Plusieurs pratiques inspirantes ont été repérées lors de la formation.
La maison des ados de la Manche a par exemple mis en place une Mission des promeneurs du net
pour étendre l’action qu’elle mène au sein de ses permanences sur le
champ des réseaux sociaux. L’association a également créé une campagne
vidéo de prévention des violences faites aux jeunes filles, notamment
dans les rapports amoureux et de sensibilisation des professionnels à
cette question. Cette action a été présentée au Prix Prévention de la Délinquance 2020. Plusieurs actions menées dans le cadre du projet Local Voices ont également été rappelées : le projet Laisse Tomber
de la MJC La Duchère à Lyon, axé sur la réalisation de capsules vidéos
sur différentes thématiques telles que la manipulation, le sexisme, le
harcèlement, la haine, le racisme… ainsi que le clip « Faut qu’on en parle », réalisé par la Ville de Liège pour sensibiliser et prévenir les extrémismes violents.