La formation « Animer son partenariat et sa stratégie territoriale de sécurité et prévention de la délinquance » s’est tenue le 19 novembre 2020

La formation, qui a réuni une quinzaine de participants aux profils divers et variés parmi lesquels des professionnels ayant en charge l’animation de stratégies territoriales de sécurité et de prévention de la délinquance, ainsi que des professionnels exerçant dans des champs d’activités différents ou approchants (cohésion sociale, politique de la ville, médiation, transport) et intéressés par les problématiques abordées, s’est tenue en ligne, le 19 novembre dernier.

Elle a permis d’offrir aux participants les outils et connaissances nécessaires pour animer leur partenariat et leur stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance (STSPD), en se basant sur l’expérience de plus de vingt ans du FFSU dans l’accompagnement des collectivités territoriales dans la mise en œuvre de leurs politiques locales de sécurité.

Une formation alliant échanges d’expériences et interventions d’experts

Les professionnels participant à cette formation ont pu bénéficier d’échanges d’expériences et de conseils pratiques autour des questions liées notamment à la mise en œuvre et à l’évaluation de leur STSPD, au travail en transversalité et à la mobilisation de partenaires multiples et variés, ainsi qu’à l’élaboration de leur diagnostic local de sécurité et de prévention de la délinquance (DLS).

Animée par l’équipe du FFSU, elle était ponctuée de plusieurs interventions d’experts des questions de sécurité et de prévention de la délinquance. Jean-Pierre Laffite, Magistrat, Chef du pôle prévention du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, a présenté la stratégie nationale de prévention de la délinquance. Guy Hengen, Directeur adjoint du développement social urbain à Bordeaux et Muriel Capet, coordonnatrice CLSPD à Montreuil ont ensuite partagé leurs expériences sur la collaboration élus-techniciens, l’animation du partenariat et des instances de travail, l’évaluation des actions et la communication sur la politique locale de sécurité-prévention. Finalement, Guillaume Jaen, chargé de mission au FFSU, a exposé la méthode du diagnostic local de sécurité (DLS).

La formation a permis de répondre aux questionnements des participants, notamment sur la mobilisation des élus sur la thématique de la prévention, la méthode d’élaboration d’un DLS et d’une STSPD et sa mise en œuvre. La dynamique partenariale faisait également partie des sujets abordés, en particulier les stratégies pour faire adhérer et impliquer les parties prenantes à la STPSD. Des conseils ont pu notamment être dispensés sur la coordination de la STSPD avec d’autres dispositifs et instances dédiés à des thématiques connexes comme la santé mentale et l’action sociale. Finalement, les participants ont échangé sur des méthodes pour gagner en réactivité et améliorer la cohésion interne des équipes.

Les enjeux majeurs de l’animation partenariale et de la mise en place d’une stratégie territoriale

La formation a permis d’aborder les derniers développements des politiques de sécurité et de prévention de la délinquance au niveau national et local, et de préciser les étapes de la mise en place d’une stratégie territoriale dans une démarche partenariale.

La stratégie nationale de prévention de la délinquance 2020-2024

Des éclaircissements ont été apportés sur la stratégie de prévention de la délinquance 2020-2024, dévoilée au printemps dernier. Cette nouvelle stratégie affiche la volonté de conserver le rôle central des élus locaux sur la prévention de la délinquance. Elle se veut utile et pragmatique, avec notamment une boîte à outils qui doit permettre aux territoires de l’adapter à leurs besoins en s’appuyant sur les orientations nationales. Elle maintient et renforce les priorités de la précédente stratégie et prend en compte les évolutions de la gouvernance de la sécurité.

Le diagnostic local de sécurité, préalable à tout stratégie

Préalablement à la mise en œuvre d’une stratégie territoriale, le DLS permet de définir le contexte et analyser la délinquance et la violence, ont rappelé les intervenants. Il permet aussi d’établir un profil des victimes et des délinquants, d’évaluer l’efficacité des projets et services ainsi que l’environnement politique et institutionnel. Finalement, il permet d’identifier les possibilités, les points forts et le potentiel de la ville pour la mise en place d’une stratégie adaptée.

Le partenariat ne se décrète pas, il se construit

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de faire un diagnostic partagé afin de déterminer les besoins, de croiser les informations et de mettre autour de la table les partenaires concernés par les problématiques identifiées pour arriver à des solutions coordonnées, efficaces et efficientes. Ils ont souligné l’importance d’objectiver les situations et d’en assurer le suivi à l’aide d’outils tels que des tableaux de bord, afin d’en rendre compte aux partenaires et aux élus. Guy Hengen et Muriel Capet, coordonnateurs prévention-sécurité depuis de nombreuses années, ont donné des conseils pour mobiliser son partenariat, en identifiant les partenaires et leur champ d’action mais aussi leurs contraintes et leurs limites.

Des exemples de pratiques mises en place au niveau territorial

Plusieurs pratiques inspirantes ont été discutées lors de la formation. Pour communiquer sur la mise en œuvre et les résultats de sa STSPD, la Ville de Montreuil a notamment réalisé un micro trottoir qui a permis de donner la parole aux habitants sur le sentiment d’insécurité. Elle a aussi utilisé une infographie dynamique pour présenter un de ses groupes de travail, le groupe de prévention de l’entrée dans la délinquance des mineurs. La communauté d’agglomération d’Angers a organisé des petits déjeuners dans le cadre de son CISPD sur des thématiques diverses, comme la santé mentale.