Quelques mots du lauréat : Loline Bertin, Adjointe déléguée à la tranquillité publique, à la brigade propreté, à la prévention et à la vie nocturne, catégorie “amélioration des relations forces de sécurité – population”


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> En quoi s’investir pour l’amélioration des relations forces de sécurité – population est-il prioritaire pour vous aujourd’hui ?

Au-delà de la résonance de l’actualité nationale sur le territoire communal, la question des relations police-population au niveau local revenait régulièrement dans de nombreux groupes de travail (réseau violences faites aux femmes, groupe de prévention de l’entrée dans la délinquance des mineurs, groupe de prévention de l’entrée dans les trafics, cellules de veille…).

Ce sujet pouvait également crisper les échanges entre professionnels reprenant les mêmes critiques que les publics suivis. Pour tenter de comprendre cette méfiance généralisée vis-à-vis de la police et de trouver des solutions pour restaurer des liens plus apaisés, il était donc nécessaire d’entendre cette demande et de consacrer une réflexion et des moyens exclusivement sur cette thématique. 

> Quels conseils donneriez-vous pour mettre en œuvre une action similaire à la vôtre ?

Au préalable à la mise en œuvre de toute action à destination des habitants, il semble important de travailler exclusivement avec les professionnels et les forces de l’ordre pour analyser leur posture sur le sujet et ce, afin d’éventuellement déconstruire des préjugés réciproques et restaurer une confiance mutuelle. 

Par ailleurs, nous suggérons de positionner sur un pied d’égalité les forces de l’ordre et les autres participants (professionnels et/ou habitants) notamment par l’intervention d’un support et d’un tiers « médiateur ». Le choix d’un intervenant non clivant est primordial. L’idée est d’instaurer un cadre de discussion bienveillant pour que chacun puisse s’exprimer sans aucune censure notamment sur le sujet sensible des violences policières. 

Des échanges fréquents bilatéraux entre la direction de la tranquillité publique et le commissaire sont essentiels pour informer de l’avancée du projet, recueillir les sujets qu’il souhaite évoquer lors des échanges et s’assurer de la participation effective des fonctionnaires de terrain. Dans l’idéal, une participation du chef de projet à des réunions d’équipe pourrait permettre de vérifier la bonne compréhension du projet, de rassurer et de susciter la mobilisation des policiers. Les relations partenariales déjà bien établies entre la direction de la tranquillité publique et les différents services du commissariat, notamment par leur implication dans les différents groupes de travail, a facilité les démarches pour les associer à cette action innovante. 

> En quoi postuler au PPD était-il important pour vous et que vous apporte le fait d’être lauréat ?

Il est souvent difficile d’évaluer les actions de prévention menées, candidater au prix prévention de la délinquance nous permet d’avoir un retour critique d’experts sur notre action et d’être particulièrement attentif aux autres projets menés en France. 

Nous sommes très heureux que notre travail soit reconnu et récompensé ! Être lauréat nous encourage à poursuivre la démarche engagée.

> Quelles sont les perspectives de développement de votre action ? 

Nous souhaiterions reprendre sur un quartier ciblé les sessions de discussion autour des relations police-population avec Jacques de Maillard, Directeur du CESDIP, et les séances de théâtre forum pour poursuivre le travail sur les postures et aller plus loin dans les pistes concrètes d’amélioration. Cela permettra également de réunir les acteurs locaux qui n’auraient pas eu la possibilité de participer aux différents temps organisés en 2019.

Nous envisageons également de travailler sur un partenariat avec l’Education nationale pour reprendre l’enquête policière. 

Enfin, nous réfléchissons aussi à d’autres supports inspirés de films ou séries pouvant susciter l’envie de discuter sur ces sujets en toute sérénité !

>>> En savoir plus sur le Prix Prévention de la Délinquance